RECOMMANDATIONS
concernant l'hygiène en anesthésie
Les textes des
recommandations détaillées élaborées
par le groupe de travail sur l'hygiène en anesthésie
sont disponibles dans le n° 10 du volume 17 des Annales
Françaises d'Anesthésie et de Réanimation, 1998.
Ces textes sont les suivants :
- Recommandations pour la
pose des abords vasculaires au bloc opératoire. Voies
veineuses et artérielles périphériques.pp
1250-2 AM Korinek
- Manipulation des agents
anesthésiques et des seringues. Recommandations et
argumentation. pp 1253-6 B Veber
- Risque infectieux et
anesthésie locorégionale. pp 1257-60 C
Auboyer
- Prise en charge d'un
patient présentant une tuberculose bacillifère.
Recommandations et argumentation. pp1261-6B
Veber
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Juin
2002
Des recommandations actualisées
sur la "Désinfection des dispositifs médicaux
en anesthésie et en réanimation" prenant en
considération le risque de transmission des ATNC ont
été élaborées par un groupe de
travail coordonné par le Pr. B. Veber sous
l'égide du Comité Technique national des
Infections Nosocomiales. L'exposé des motifs de ces
recommandations est disponible sur le site du
Ministère
de la Santé. Le texte
de ces recommandations est accessible à partir de
cette page ou en
cliquant ici .
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1ère
édition - Décembre 1997
Membres du groupe
de travail ad hoc
Pr F Gouin (Marseille), Directeur du groupe
Pr C Auboyer ( Saint- Etienne)
Dr MC Bimar (Marseille)
Dr JM Descamps (Niort)
Dr J Hajjar (Valence)
Mme E Hernigou (Bondy), Cadre Infirmer Supérieur
Dr AM Korinek (Paris)
Dr JC Lucet (Paris)
Dr B Pottecher (Stasbourg)
Pr B Veber (Rouen)
RISQUE INFECTIEUX NOSOCOMIAL
EN ANESTHÉSIE
Rappels sur les infections
nosocomiales
Cinq à 10% des patients hospitalisés contractent une
infection au cours de leur passage dans un établissement de
soins. Les infections les plus fréquentes sont les infections
urinaires. Elles représentent près de la moitié
des infections nosocomiales dans un établissement, tous
services confondus. Dans la plupart des cas, leur survenue est
favorisée par l'existence d'un sondage vésical. Les
infections de sites opératoires, les
bactériémies sur cathéter vasculaire et les
pneumopathies, notamment chez les patients ventilés
artificiellement, représentent la majorité des autres
infections hospitalières. Leur répartition est fonction
de la spécificité des services d'hospitalisation.
Rôle de
l'anesthésie
Le rôle de l'anesthésie dans la survenue des
infections nosocomiales est peu évalué, ce qui
entraîne une méconnaissance du problème de la
part des équipes d'anesthésie peu formées
à l'hygiène et à la prévention.
Responsabilité de
l'anesthésie dans le risque infectieux
Elle est différente selon les deux types d'infection qui
peuvent se constituer au bloc opératoire.
Les infections à
distance :
Elles sont consécutives aux techniques permettant la
réalisation de l'acte chirurgical dont les techniques
anesthésiques invasives (accès vasculaire et
contrôle des voies aériennes lors de l'anesthésie
générale, abord rachidien pour l'anesthésie
péridurale ou sous-arachnoïdienne). Les taux d'incidence
connus des principales infections citées
précédemment, même s'ils ne sont pas
spécifiques à l'activité anesthésique,
peuvent servir de référence. Malgré le peu de
données sur l'importance de la transmission d'infections
nosocomiales liées à la pratique de
l'anesthésie, la survenue de telles infections est un fait
établi comme le montrent les cas épidémiques
secondaires à l'utilisation de circuits d'anesthésie
contaminés par Pseudomonas aeruginosa ou à l'injection
de propofol provenant de flacons multidoses mal
désinfectés ou de seringues préparées
plus de 24 heures à l'avance, pour ne citer que ces
exemples.
Les infections du site
opératoire :
Elles sont directement liées à l'acte chirurgical et
leur survenue dépend de facteurs de risque en rapport avec le
patient et l'intervention. De nombreux travaux suggèrent que
les substances anesthésiques (par inhalation ou par voie
veineuse) jouent un rôle dans l'infection du site chirurgical
en altérant les défenses immunitaires, mais ce
rôle n'est pas établi de manière certaine en
raison de la complexité des mécanismes en cause.
L'ensemble des personnes présentes en salle
d'opération participe à l'aérobiocontamination,
c'est-à-dire à l'émission et à la
diffusion de particules d'origines diverses, dont certaines
véhiculent des micro-organismes capables de contaminer la
plaie opératoire. Cette aérobiocontamination, dont
l'influence exacte sur les taux d'infections reste à chiffrer,
est un facteur qui impose à tous, dont les membres de
l'équipe d'anesthésie, des règles de
comportement en salle d'intervention.
Pratiques et comportements
anesthésiques à risque
Les risques en rapport avec l'anesthésie relèvent
schématiquement d'une des trois situations suivantes :
- utilisation d'un matériel mal
décontaminé, non désinfecté ou non
stérilisé ;
- réalisation d'actes contaminants ou de
procédures effectuées sans respecter les
règles d'asepsie ;
- adoption d'un comportement ou d'une organisation du travail
inadéquate.
Cette situation peut être aggravée par la
pénurie d'anesthésistes confrontés à un
accroissement important de leurs activités en dehors des blocs
opératoires (consultations d'anesthésie, suivi des
opérés dans les services, prise en charge des douleurs
chroniques, analgésie obstétricale) et ayant à
gérer différents impératifs
(sécurité anesthésique, sécurité
transfusionnelle, prévention des infections nosocomiales).
Gestion du risque infectieux
en anesthésie
Elle passe :
- par la prévention des infections liées au
matériel et à l'environnement : les dispositifs non
invasifs, le matériel de ventilation, les surfaces et le
mobilier feront l'objet de recommandations. Pour la
prévention des infections urinaires et des complications
infectieuses liées aux dispositifs intravasculaires, les
mesures à appliquer sont celles décrites dans les
« Cent recommandations pour la surveillance et la
prévention des infections nosocomiales » du Conseil
supérieur d'hygiène publique de France.
- par la prévention de la contamination manuportée
et celle des risques professionnels : les recommandations
générales du chapitre suivant leur sont
consacrées.
RECOMMANDATIONS
GÉNÉRALES
Locaux et
équipements
Les blocs opératoires peuvent être classés en
zone de classe biologique 4 (très haut risque infectieux) et
nécessitent, de ce fait, un entretien garantissant non
seulement une propreté visuelle, mais également
microbiologique.
Air
- Privilégier les salles équipées
d'installations de ventilation-climatisation.
- Fermer les portes en cours d'intervention.
- Changer de tenue après une chirurgie sale.
- Privilégier les textiles peu producteurs de
particules.
- Régler la température ambiante à un
niveau suffisant afin de participer à la prévention
de l'hypothermie.
Eau
- Procéder à une maintenance
régulière des installations et surveiller la
contamination de l'eau.
Surfaces et mobilier
d'anesthésie
La méthode de référence est le bionettoyage.
C'est une désinfection continue, en présence humaine
qui doit être à la fois efficace et non contaminante,
c'est-à-dire réduire significativement la
biocontamination.
- Réaliser un bionettoyage immédiatement
après souillure, en fin d'intervention et en fin de
journée : procéder à un
dépoussiérage humide, sans rinçage ni
séchage, au moyen d'un textile imprégné d'un
produit détergent-désinfectant conforme aux normes
AFNOR-Européennes.
Comportement et
déplacements à l'intérieur du bloc
opératoire
Après être passée par le vestiaire et avoir
pratiqué un lavage simple des mains l'équipe
d'anesthésie arrive au bloc vêtue d'un pyjama de
préférence en polyester coton, d'une coiffe et de
sabots lavables. Les mains sont dépourvues de bague, de
bracelet et de montre.
- Les déplacements dans le bloc sont limités ; il
ne doit pas y avoir de mouvements inutiles dans la salle
d'opération ; une discipline spécifique doit
être observée s'il existe une enceinte
protégée (flux laminaire).
- Un masque chirurgical doit être correctement
porté dès l'entrée en salle
d'opération ; il sera changé en cours de
journée s'il est manipulé ou utilisé plus de
3 heures.
- Les règles générales d'asepsie doivent
être appliquées avant le début de
l'anesthésie: lavage antiseptique des mains ou
désinfection hydro-alcoolique (antisepsie par
friction).
- Les précautions universelles et les précautions
Standard doivent être appliquées vis-à-vis du
patient lors des soins et de l'environnement lors de
l'élimination du matériel souillé et des
déchets
( tableaux I et II).
Hygiène des mains (cf
annexe)
- En anesthésie, le lavage chirurgical des mains est la
procédure à appliquer pour les actes invasifs
assimilés aux actes chirurgicaux (abord rachidien,
cathétérisme central, cathétérisme
artériel).
- Pour les autres gestes, effectués pendant les phases de
l'acte anesthésique où l'accès au poste de
lavage n'est pas immédiatement possible (induction,
réveil) et dans les situations d'urgence, l'antisepsie par
friction est la procédure à appliquer.
- Le port du gant est recommandé pour réduire la
transmission des micro-organismes des mains du personnel vers le
patient, et protéger le personnel du risque de
contamination par des micro-organismes véhiculés par
le sang, les liquides biologiques ou les sécrétions
du patient.
- Une paire de gants ne doit être utilisée que pour
un seul patient et un seul soin. Le personnel soignant doit
être informé d'une part du danger que
représente le port permanent des gants qui doivent
être enlevés dès le geste terminé,
d'autre part de l'importance du lavage des mains après leur
retrait.
- Le port de gants stériles à usage unique est
recommandé pour les actes invasifs aseptiques.
- Le port de gants non stériles à usage unique est
recommandé pour des actes non aseptiques à des
patients infectés, des soins de confort et d'hygiène
contaminants et le contact avec les liquides biologiques
(précautions standard).
- Le port des gants d'entretien (ou de ménage) à
usage unique ou réutilisables est recommandé pour le
bionettoyage décontaminant des locaux, du matériel
hôtelier et du matériel
médicochirurgical.
Entretien du
materiel
Le matériel représente un risque pour le malade,
mais également pour le personnel et l'environnement. On
distingue 3 catégories de matériel :
- Le matériel non critique en contact avec la peau saine
souillée ou non de liquide biologique : garrot, pinces de
Kocher, plateau, brassard à tension, stéthoscope,
etc.
- Le matériel semi-critique en contact avec une muqueuse
intacte: : masque, ballon d'anesthésie, canule de Mayo,
lame de laryngoscope, sonde d'intubation, masque laryngé,
pince de Magill, mandrin, ouvre-bouche, fibroscope bronchique,
etc.
- Le matériel critique pénétrant un tissu
stérile : cathéter veineux et artériel,
cathéter péridural, aiguille pour anesthésie
péridurale ou sous arachnoïdienne, canule de
trachéotomie, etc. ou en contact avec le sang
Recommandations
- Lors de l'achat d'un nouveau matériel, intégrer
au cahier des charges les critères d'entretien et, pour le
matériel critique ou semi-critique, privilégier le
matériel autoclavable ou à usage unique.
- Réaliser le recueil, le transport et le traitement du
matériel de façon à protéger
l'environnement et le personnel.
- Connaître les procédures, respecter leurs
indications (tableau III).
- Considérer la désinfection (Procédure P2)
comme une indication de seconde intention pour le matériel
semi-critique ou critique qui ne peut être
stérilisé pour des raisons de tolérance ou de
disponibilité.
- Choisir des produits de désinfection ou de
décontamination conformes aux normes d'efficacité en
vigueur (normes AFNOR, normes européennes) et respecter les
consignes d'emploi (concentration, durée).
- Préférer le nettoyage mécanisé au
nettoyage manuel du matériel.
- Proscrire la désinfection par le formol ou ses
dérivés (pastilles ou aldylène) .
- Ne jamais recycler du matériel à usage
unique.
- Parmi les procédés de stérilisation,
privilégier l'autoclave à vapeur et restreindre au
maximum les indications de l'autoclave à oxyde
d'éthylène.
PRÉCAUTIONS APPLICABLES
À TOUS LES PATIENTS
L'entretien et la
désinfection du matériel nécessaire au
contrôle des voies aériennes et à la ventilation
mécanique
Le matériel nécessaire au contrôle des voies
aériennes et à la ventilation mécanique est au
contact des micro-organismes naturellement présents dans les
voies aérodigestives supérieures des patients, en
particulier dans la salive et les sécrétions
trachéo-bronchiques qui peuvent également contenir du
sang. La décontamination insuffisante de ce matériel
et/ou sa manipulation par le personnel soignant lors des
procédures de soins, peuvent être à l'origine de
la transmission d'infection d'un patient à un autre. Le risque
de contamination croisée rend obligatoire les mesures
d'entretien et de désinfection du matériel, même
s'il n'existe actuellement qu'un petit nombre de cas
documentés d'infections transmises en rapport avec ce
matériel.
Recommandations
- Les procédures d'entretien et de désinfection
à appliquer sont celles codifiées pour le
matériel médico-chirurgical (tableau III). Ces
procédures sont fonction de la catégorie de risque
de contamination dans laquelle est classé le
matériel. Celui nécessaire au contrôle des
voies aériennes et à la ventilation mécanique
est soit de catégorie non critique, soit de
catégorie semi-critique.
- Il est recommandé d'utiliser du matériel
à usage unique : canule de Guedel ou Mayo, sonde
d'intubation, tube nasopharyngé et masque laryngé
lorqu'il sera à usage unique.
- Le matériel de catégorie non critique (plateau
d'intubation, manche du laryngoscope, stéthoscope) doit
être décontaminé et nettoyé entre
chaque patient.
- Le matériel de catégorie semi-critique (masque
facial, ballon souple, valve directionnelle, lame de laryngoscope,
pince de Magill, ouvre-bouche, mandrin, ballon rigide, circuit
externe et interne du respirateur et de l'appareil
d'anesthésie) doit être décontaminé,
nettoyé et désinfecté (ou
stérilisé quand c'est possible) entre chaque
patient.
- S'il n'est pas démontré scientifiquement qu'un
filtre bactérien et viral diminue la fréquence des
infections respiratoires postopératoires, son utilisation
est cependant recommandée pour des raisons de
prévention des risques potentiels de contamination
croisée et d'amélioration de la gestion des
changements des circuits. Un filtre bactérien et viral pour
chaque patient doit être placé au niveau de la
pièce en Y et changé après chaque patient.
L'hydrophobicité du média filtrant,
l'efficacité de rétention à 99,9999 %, une
réduction de titre testée pour des micro-organismes
(bactéries et virus) en aérosol monodispersé
et ayant la plus petite taille possible sont les critères
actuellement retenus d'efficacité microbiologique pour un
filtre bactérien et viral.
- Il est préconisé d'adopter un rythme de
changement hebdomadaire des circuits des respirateur et machine
d'anesthésie, à condition d'utiliser un filtre
bactérien et viral pour chaque patient. Tout circuit
macroscopiquement souillé doit cependant être
changé sans délai.
- La sonde d'aspiration trachéobronchique stérile
doit être utilisé pour un seul patient et à
une seule aspiration. Les aspirations trachéobronchiques
doivent être réalisées à la demande en
utilisant la technique « sans contact », après
lavage des mains (lavage antiseptique ou décontamination
hydro-alcoolique) et après avoir revêtu une paire de
gants non stériles. En salle d'intervention comme en salle
de surveillance postinterventionnelle, l'entretien du
matériel d'aspiration comporte le remplacement du
stop-vide, de la tubulure d'aspiration et du réceptacle
lorsque le niveau maximale de remplissage est atteint, et en fin
de programme. Les supports doivent être
décontaminés et nettoyés chaque jour en fin
de programme.
- Les endoscopes souples (fibroscopes), utilisés
essentiellement lors d'une intubation difficile, font partie du
matériel de catégorie semi-critique. L'entretien et
la désinfection de ce type de matériel doivent
être réalisés après chaque fibroscopie,
et conformément aux modalités décrites dans
la circulaire n° 236 du 2 avril 1996 à laquelle il
faut se référer. Ces modalités concernent les
fibroscopes et les endoscopes rigides non stérilisables.
Elles peuvent être recommandées pour les sondes
d'échographie transsophagienne.
Attitude vis-à-vis des
cathétérismes et des injections
Le risque infectieux lié aux voies veineuses et aux
cathéters artériels périphériques mis en
place au bloc opératoire lors de l'anesthésie n'a
jamais été évalué et est probablement
faible. En effet, le taux des infections liées à ces
dispositifs est inférieur à 2 pour 1 000 jours de
cathétérisme en unité de soins intensifs,
où les facteurs de risque sont beaucoup plus nombreux.
Néanmoins, ce risque existe et peut avoir de graves
conséquences, notamment pour les patients chez qui une
prothèse endovasculaire a été
insérée.
Voies veineuses
périphériques
Technique de
pose
- Lavage hygiénique des mains avant insertion.
- Port de gants non stériles.
- Utiliser des cathéters courts en téflon ou en
polyuréthane.
- Site d'insertion : de préférence sur la main ;
si des voies veineuses sont insérées aux membres
inférieurs, les retirer en fin d'intervention.
- Les voies veineuses posées en urgence doivent
être changées dès que possible.
- Désinfection cutanée. Elle comporte
habituellement 4 temps : a) le lavage de la peau du patient avec
un savon liquide antiseptique ; b) un rinçage ; c) un
séchage ; d) une application d'un antiseptique de la
même famille que le savon.
- Chez un patient de chirurgie réglée, ayant
bénéficié d'une douche ou d'une toilette
préopératoire avec un savon antiseptique, seul le
quatrième temps d'antisepsie est nécessaire. En
chirurgie d'urgence il convient de faire les 4 temps.
- Chez tous les patients, la peau est
désinfectée avec une compresse stérile
largement imbibée d'antiseptique (alcool à
70°, chlorhexidine alcoolique, polyvinyl pyrrolidone
iodée, alcool iodé ; pas de recommandation quant
au choix parmi ces antiseptiques)
- Respecter le temps de contact de l'antiseptique avant de
ponctionner.
- Ne pas palper le site d'insertion après la
désinfection cutanée.
- Utiliser un pansement stérile (pansement transparent
semi-perméable ou pansement avec une compresse
stérile). Ce pansement reste en place pendant toute la
durée de la voie veineuse, sauf s'il est souillé ou
non hermétique.
Utilisation
- Retirer la voie veineuse dès qu'elle n'est plus utile
ou qu'elle présente des signes d'inflammation au site
d'insertion.
- En période postopératoire, si une voie veineuse
reste indiquée, le cathéter doit être
changé toutes les 72 heures.
- Administration des médicaments dans la ligne veineuse :
elle sera réalisée par un opérateur ayant les
mains propres. Il convient de privilégier les
systèmes de robinets à 3 voies (notamment pour la
protection du personnel), de désinfecter le site
d'injection avec un antiseptique avant chaque usage, puis de le
reboucher avec un bouchon stérile.
- L'injection directe dans une tubulure est
déconseillée à la fois sur le plan de
l'hygiène et sur celui du risque de piqûre.
Voies artérielles
périphériques
Technique de pose, asepsie
cutanée et pansement (cf cathéters veineux
périphériques)
- Utiliser des gants stériles.
- Pas de recommandations sur la technique et le type de
cathéter (cathéter périphérique court
ou technique de Seldinger).
- Site d'insertion indifférent.
- Utiliser un set de pression à usage unique.
Utilisation
- Maintenir la stérilité de tout le circuit.
Effectuer le moins de manipulation possible du système ;
utiliser un système de purge fermé (purge par
intra-flow > seringue + robinet).
- Manipuler avec asepsie le robinet de
prélèvement.
- Changer le set de pression et le liquide de purge toutes les
96 heures.
Manipulation des agents
anesthésiques et des seringues
La préparation du plateau des agents anesthésiques
et la manipulation des seringues, flacons et tubulures
nécessitent des règles d'antisepsie visant à
éviter :
- la contamination des produits anesthésiques par les
micro-organismes de l'environnement ;
- la contamination de patients à patients via le
matériel contaminé.
Des cas d'infections bactériennes ou fongiques graves ont
été rapportées lors de l'utilisation incorrecte
de propofol et de morphiniques par contamination extrinsèque
de ces agents lors de leur manipulation. De même, l'utilisation
d'une même seringue pour plusieurs patients, malgré le
changement d'aiguille, a entraîné des contaminations par
les virus des hépatites B et C.
De plus, les ampoules ou flacons contenant une dose d'agent
anesthésique sont conçus pour un usage unique et ne
contiennent pas généralement d'agents conservateurs
antimicrobiens. Enfin, certaines formes galéniques, notamment
lipidiques, favorisent la croissance bactérienne. L'ensemble
de ces données imposent le strict respect des règles
d'asepsie nécessaire à la bonne pratique de
l'anesthésie.
Recommandations
- Vérification des dates de validité de chaque
agent anesthésique, ainsi que de l'ensemble des
médicaments susceptibles d'être utilisés par
l'anesthésiste.
- Aspiration des produits anesthésiques de façon
aseptique en utilisant des aiguilles et seringues stériles
après avoir désinfecté correctement le
bouchon du flacon ou le col de l'ampoule.
- Désinfection appropriée des robinets à 3
voies lors de toute manipulation.
- Le matériel utilisé (seringues, tubulures,
robinets à 3 voies, ampoules et flacons) est à usage
unique et destiné à un seul patient. Après
connexion à la ligne de perfusion intraveineuse d'un
patient, il doit être considéré comme
potentiellement contaminé et donc uniquement utilisé
pour ce patient, puis éliminé après usage ou
au plus tard à la fin de l'anesthésie du patient
concerné.
- Le plateau des agents anesthésiques est uniquement
utilisable pour le soin d'un seul patient. Il contient l'ensemble
des seringues et aiguilles préparées pour
l'anesthésie en cours et doit être conservé
dans un endroit propre et protégé de toute
projection pour éviter une possible contamination.
- L'utilisation de flacons multidoses (non disponibles en France
actuellement, les flacons de 500 mg de propofol étant
réservés à l'entretien de l'anesthésie
d'un seul patient) n'est pas recommandée.
- En cas d'utilisation d'un agent anesthésique mis en
solution dans un solvant lipidique, en plus du respect scrupuleux
des règles énoncées ci-dessus, il est
souhaitable :
- de diminuer autant que possible le nombre de manipulations
ainsi que l'intervalle de temps entre la préparation et
l'injection de la solution lipidique ;
- d'utiliser des seringues préremplies ;
- de ne pas déconditionner le flacon ;
- d'utiliser, pour l'entretien de l'anesthésie, une
pompe de perfusion permettant l'administration d'un
débit fiable.
Attitude vis-à-vis des
anesthésies locorégionales
L'incidence de l'infection nosocomiale secondaire à une
anesthésie locorégionale n'est pas
précisément connue. Une prévention rigoureuse
s'impose du fait de sa gravité potentielle.
- Contre-indication à sa pratique lors des états
septiques généralisés affirmés ou lors
des atteintes cutanées potentiellement infectieuses au
niveau de la zone de ponction. En obstétrique, chez une
patiente fébrile, lorsque le rapport
bénéfice-risque est en faveur de la
réalisation d'une anesthésie locorégionale,
le geste peut être pratiqué,
précédé d'une antibiothérapie. Le
cathéter doit être enlevé le plus rapidement
possible et son extrémité sera mis en culture. En ce
qui concerne le choix de l'antibiotique, une
antibiothérapie probabiliste est réalisée,
adaptée secondairement si un germe est isolé.
- Préparation cutanée s'identifiant à celle
utilisée lors de la pose des cathéters veineux
centraux.
- Utilisation de matériel à usage unique.
- Port d'un calot, d'un masque et de gants stériles lors
de la pratique de la technique. Le port d'une casaque
stérile, par analogie avec la pose des cathéters
veineux centraux, est recommandé lorsqu'un cathéter
est mis en place. L'aide porte un calot et un masque et
procède à un lavage antiseptique des mains.
- Mise en place d'un champ stérile isolant la zone de
ponction.
- Couverture de l'orifice de sortie à la peau du
cathéter par un pansement stérile
semi-perméable. L'orifice de sortie du cathéter doit
être surveillé chaque jour et l'apparition de signes
locaux ou généraux d'infection doit imposer son
retrait.
- Utilisation d'un filtre bactérien pour la pratique des
réinjections à travers le cathéter
laissé en place. Celui-ci, mis en place dans des conditions
d'environnement stérile lors de l'installation du
cathéter, ne doit pas être changé de principe,
son changement exposant à un risque de contamination. Dans
l'éventualité d'un changement, l'opérateur
revêt la même tenue que pour la pose.
- Respect de règles d'asepsie stricte lors de la
préparation et de l'injection de produits
anesthésiques ou analgésiques pour la poursuite de
la technique. Un lavage antiseptique des mains doit être
réalisé pour les réinjections filtre en
place.
La durée maximale d'implantation d'un cathéter n'est
pas clairement définie.
PRÉCAUTIONS EN SALLE DE
SURVEILLANCE POSTINTERVENTIONNELLE
Niveau de risque
En salle de SSPI, vont séjourner un grand nombre de
patients. Bien que le risque de transmission croisée ne soit
pas quantifié, il s'agit logiquement d'un lieu à haut
risque :
- regroupement de patients en un lieu unique ouvert ;
- présence éventuelle de patients contaminants
(bactéries multi-résistantes, tuberculose
bacillifère, patients "septiques") ou à risque
d'être contaminés (patients
immunodéprimés) ;
- mouvements de personnels entre le bloc opératoire et la
SSPI ;
- multiplicité des contacts entre les patients et le
personnel, multiplicité des procédures
invasives.
Organisation des
locaux
Localisation de la
SSPI
Il n'y a pas d'élément permettant actuellement de
recommander une localisation préférentielle de la SSPI
par rapport au bloc opératoire. Son objectif essentiel est de
prévenir les complications à risque vital pouvant
survenir dans la phase précoce suivant l'acte
opératoire ou exploratoire : pour cette raison, elle doit
être implantée à proximité
immédiate du bloc opératoire, sans qu'une
recommandation puisse être faite sur la position dans, ou en
dehors, du bloc opératoire. Ses règles de
fonctionnement et de circulation seront en revanche adaptées
à son implantation, de façon à éviter les
mouvements de personnels entre SSPI, bloc opératoire et salles
d'hospitalisation.
Il n'y a pas de justification à prévoir des SSPI
séparées pour l'accueil des patients ayant subi des
actes chirurgicaux différents, et en particulier des actes de
chirurgie propre (classe I d'Altemeier) et de chirurgie de classe de
contamination II, III ou IV. Néanmoins, les sujets à
haut risque de développer une infection et ceux subissant une
chirurgie de classe de contamination I seront de
préférence regroupés et localisés
à distance des patients ayant subi une chirurgie de classe II
ou supérieure. La surveillance postopératoire des
patients atteints d'une tuberculose bacillifère doit si
possible être organisée hors de la SSPI.
Points d'eau
La SSPI doit être équipée en points d'eau en
nombre suffisant, situés à proximité des
patients pour permettre un lavage des mains aisé entre deux
soins.
Une zone de préparation des soins doit être
aménagée à distance des points de lavage des
mains pour éviter la contamination par aérosols. Le
nettoyage du matériel et l'élimination des
déchets ne doivent pas s'effectuer en SSPI. Si le nettoyage du
matériel ne peut être pris en charge par la structure du
bloc opératoire, la SSPI doit disposer d'un local
spécifique adapté à cet usage.
Organisation du
travail
Le personnel
Le personnel de SSPI doit être spécifiquement
affecté à son activité. Les mouvements de
personnel ne doivent pas remettre en cause les règles propres
au bloc opératoire : tenue vestimentaire, chaussures. Une
désinfection des mains par solution antiseptique
hydro-alcoolique entre chaque patient est bien adaptée au
fonctionnement d'une SSPI et représente une alternative au
lavage des mains.
Fonctionnement
La SSPI fonctionne parfois comme un service de soins continus et
prend alors en charge des malades pendant plus de 24 heures. Son
implantation au sein du bloc opératoire et sa structure
ouverte comportent alors un risque maximun de transmission
croisée des infections. Dans l'avenir, il serait
préférable d'envisager une séparation entre les
SSPI assurant une surveillance de la phase de réveil et les
services de soins continus.
La SSPI est parfois utilisée pour la réalisation de
gestes divers (pose de voies veineuses centrales, anesthésies
locorégionales, etc). Cette pratique pose des
problèmes, en particulier lorsque la SSPI est implantée
au sein du bloc opératoire. Dans ce cas il est
préférable que ces gestes, quand ils sont
programmés, ne soient pas réalisés en SSPI. De
même, les contrôles radiologiques après pose d'un
cathéter central ne devraient pas avoir lieu en SSPI.
Entretien des locaux et du
matériel
- Le matériel utilisé pour plusieurs patients
successifs (brassards à tension, capteurs de SpO2,
câbles ECG, etc) doit être soumis à un
nettoyage quotidien, et éventuellement plus
fréquemment dans les situations où il existe un
risque de transmission croisée.
- Les couvertures électriques doivent être
disposées dans un lit propre, isolées du contact
direct avec le malade. Les couvertures électriques et les
brancards doivent être nettoyés et
décontaminés entre chaque patient.
- Si le lit habituel du patient est utilisé, il peut
pénétrer en SSPI, à la condition d'être
propre.
- Lorsque les humidificateurs pour oxygénothérapie
nasale sont indiqués (au-delà de 3 L·min-1) il
faut privilégier l'usage unique. Les connexions entre
ceux-ci et les malades doivent être changées entre
chaque patient. Dans ces conditions, sous réserve d'une
procédure de pose aseptique, d'indication de la date de
mise en service, ils peuvent être utilisés un mois au
maximum.
- Le bionettoyage de la SSPI doit se faire une fois par jour
selon la même méthode que pour la salle
d'opération.
RECOMMANDATIONS AU BLOC
OPÉRATOIRE POUR CERTAINS PATIENTS
Recommandations
générales chez les patients contaminants
- Privilégier la prise en charge de ces patients en fin
de programme opératoire pour permettre un nettoyage
adapté du bloc opératoire.
- Assurer la transmission de l'information pour la mise en
uvre des mesures adaptées.
- Les procédures de traitement du matériel
anesthésique doivent tenir compte de chaque type de risque
et notamment des patients à risque élevé
d'être porteurs de prions.
Patients porteurs de
bactéries multirésistantes
Les bactéries multirésistantes (BMR) aux
antibiotiques sont particulièrement fréquentes dans les
hôpitaux français. Les staphylocoques résistants
à la méticilline (SAMR) ont un taux parmi les plus
élevés d'Europe. De même, les
entérobactéries productrices de bêtalactamases
à spectre étendu (EBLSE) et Acinetobacter baumannii
(Ab) sont fréquemment isolés d'infections nosocomiales.
Ces trois bactéries partagent les mêmes
réservoirs humains et le même mode de transmission, par
manuportage par le personnel soignant.
Le contrôle de la transmission croisée des BMR repose
sur des mesures simples, en s'appuyant sur trois principes :
identification précoce des porteurs non infectés par un
dépistage, signalisation du portage et mesures d'isolements
géographique et technique. Les mesures d'isolement ne peuvent
être efficaces que si elles sont appliquées dans toutes
les circonstances. C'est pourquoi le facteur essentiel permettant la
continuité de l'isolement est la transmission de l'information
du portage chaque fois que le patient se déplace hors de sa
chambre. A ce titre, le passage au bloc opératoire est une
situation à risque de transmission croisée, en raison
de la circulation de ces patients, et des nombreux contacts avec le
personnel soignant. Il importe donc que le personnel du bloc
opératoire soit informé du portage avant le geste, pour
organiser le planning opératoire et l'accueil en salle de
réveil. L'utilisation d'un étiquette unique pour toutes
les BMR, apposée sur le dossier du porteur, permet de
transmettre l'information.
Des mesures d'isolement ont été récemment
proposées par la Société Française
d'Hygiène Hospitalière : les précautions de
contact comprennent, en complément de l'isolement standard,
l'hospitalisation en chambre seule, le port de gants, le lavage
antiseptique des mains après contact, le port d'une surblouse
ou d'un tablier en cas de contact avec le porteur, l'utilisation de
matériel à usage unique, ou individualisé pour
le patient, et, pour certaines BMR, le contrôle de
l'environnement.
Ces mesures doivent être appliquées, en les adaptant,
au bloc opératoire.
Recommandations
- Poursuivre les mesures d'isolement technique des porteurs de
bactéries multirésistantes pendant la période
périopératoire, essentiellement par le respect des
précautions de contact.
Patients
tuberculeux
Des cas d'acquisitions nosocomiales et professionnelles ont
été rapportés récemment, tant en France
qu'à l'étranger. Le risque de transmission au personnel
soignant sur son lieu de travail est réel et largement
documenté.Il est connu depuis longtemps, la tuberculose
étant classée comme maladie professionnelle en France.
De plus, une préoccupation supplémentaire est
liée à l'apparition de bacilles tuberculeux
multirésistants au traitement.
La transmission de cette maladie éminemment contagieuse est
essentiellement aérienne par inhalation des micro-gouttelettes
de Flügge contenant les bacilles. Sa prévention passe
avant tout par la mise en route précoce du traitement
spécifique associé à un isolement respiratoire
strict du patient et du personnel soignant.
Ce risque infectieux documenté modifie la prise en charge
périopératoire et anesthésique des patients
suspects de tuberculose bacillifère.
Recommandations
- Maintenir l'isolement respiratoire des patients suspects ou
atteints de tuberculose bacillifère durant l'ensemble de la
prise en charge périopératoire.
- Prendre des dispositions pour assurer le réveil de ces
patients en évitant si possible le passage en SSPI.
- Intercaler un filtre bactérien sur le circuit
respiratoire entre le patient et la pièce en Y et changer
le matériel de ventilation, y compris les circuits du
ventilateur, après l'anesthésie de ces
patients.
Le risque prion
Les agents transmissibles non conventionnels (ATNC ou prions),
agents de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), ont
été responsables de contaminations iatrogènes,
le plus souvent par l'intermédiaire de greffes de
dure-mère, de matériels d'abord cérébral
invasif partagé entre patients, ou d'injections d'hormones
extractives. Le système nerveux central a toujours
été impliqué, soit comme « tissu donneur
», soit comme site d'inoculation accidentelle. Le nombre de cas
documentés est faible, inférieur à 100 cas dans
le monde.
Les prions ont comme caractéristiques :
- une grande résistance aux agent désinfectants
conventionnels et à la chaleur ;
- une localisation préférentielle dans les tissus
cérébraux (cerveau, moelle épinière :
haute infectiosité) et les tissus lymphatiques
(infectiosité moyenne).
Ces contaminations iatrogènes ont amené à des
recommandations (circulaire DGS/DH n°100 du 11 décembre
1995) relatives aux précautions en milieu chirurgical face aux
risques de MCJ. Des patients à risque élevé et
des actes à risque élevé ont été
définis, conduisant à des précautions à
prendre, adaptées à chaque situation.
Le risque de transmission par l'anesthésie est
extrêmement faible (infectiosité faible ou nulle).
Cependant, l'anesthésiste participe au dépistage des
patients à risque élevé, qui conduira à
des procédures spécifiques de désinfection des
endoscopes et d'inactivations physique et/ou chimique des prions (cf.
texte réglementaire). De principe, beaucoup d'hôpitaux
ont pris le parti d'assurer pour toute stérilisation des
niveaux permettant d'obtenir une inactivation physique des prions
(134° pendant au moins18 minutes).
Recommandations
- Les actes à risque démontré concernent la
neurochirurgie et l'ophtalmologie, parfois l'ORL et
l'orthopédie (abord de la dure-mère).
- Les patients particulièrement à risque sont ceux
atteints ou suspects de MCJ (auxquels cas le matériel
potentiellement contaminé doit être détruit)
et les patients à risque élevé
(antécédents d'intervention neurochirurgicale,
réception d'hormone de croissance extractive, membre de la
famille décédé de MCJ).
- Un système de traçabilité du
matériel partagé entre patients (endoscopes ...)
doit être établi.
Accidents exposant au
sang
On appelle accidents exposant au sang tout contact d'une peau
lésée ou d'une muqueuse avec du sang ou avec un liquide
biologique contaminé par du sang. Trois pathogènes
principaux sont transmissibles après accident exposant au sang
: les virus des hépatites B, C et le VIH.
L'accident exposant le plus sévère est une
piqûre. Les facteurs de risque de séroconversion
après une piqûre contenant du sang sont les suivants
:
- la profondeur de la blessure ;
- le sang visible sur le matériel ;
- une procédure impliquant une aiguille creuse qui vient
d'être utilisée pour un prélèvement
sanguin ;
- la charge virale du patient source ;
- l'absence de port de gants ;
Recommandations
- Tout personnel travaillant au bloc opératoire
(stagiaires et étudiants compris) doit être
vacciné contre l'hépatite B et connaître son
statut de protection vis-à-vis de ce virus.
- Les précautions universelles (tableau I) concernant la
prévention des AES doivent être appliquées
dans les pratiques d'anesthésie (port de gants pour tout
contact avec du sang, utilisation adaptée des conteneurs,
non recapuchonnage des aiguilles, etc).
- L'utilisation de matériel de sécurité est
à développer en fonction de
l'épidémiologie du risque pour chaque
activité. Ce matériel de sécurité doit
être de technologie avancée (à activation
passive).
- Des formations spécifiques doivent être faites
sur les lieux de travail concernant la prévention des AES
ainsi que lors de la mise à disposition de nouveaux
matériels de sécurité.
- En cas d'accident exposant au sang VIH la conduite à
tenir doit être connue de chaque personnel et
affichée sur les lieux de travail, afin qu'une prophylaxie,
si elle est nécessaire, puisse être appliquée
rapidement.
Tableau I. - Les précautions
universelles
|
1 - Des gants doivent être utilisés pour
tout contact avec le sang et certains liquides biologiques
(liquides amniotique, péricardique,
péritonéal, pleural,
cérébrospinal, synovial, ainsi que sperme,
sécrétions vaginales ou tout liquide
sanglant), avec les muqueuses ou la peau
lésée. Les gants doivent être
changés entre deux patients.
|
|
2 - Les mains et la peau doivent être lavées
immédiatement en cas de projection de sang.
|
|
3 - La prévention des accidents par piqûre
ou coupure doit être organisée (collecteurs,
interdiction de recapuchonner les aiguilles).
|
|
4 - Le port de masque et de lunettes est impératif
dans les situations où il existe un risque
d'aérosol et de gouttelettes à partir de
liquides biologiques.
|
|
5 - Des tabliers efficaces doivent être
portés en cas de risque de projections.
|
|
6 - Le matériel de réanimation doit
permettre d'éviter le bouche-à-bouche.
|
|
7 - Les professionnels de santé qui ont des
lésions cutanées, exsudations ou dermatoses
doivent être écartés du contact direct
avec les patients.
|
|
8 - Les linges et matériels souillés par du
sang ou des liquides biologiques doivent être
emballés avant leur sortie du service.
|
|
9 - Des mesures d'isolement spécifiques
complémentaires doivent être prises lorsque le
patient le nécessite.
|
Tableau II. - Les précautions
standard
|
1 - Les précautions standard doivent être
appliquées pour tous les patients.
|
|
2 - Porter des gants non stériles pour tout
contact avec le sang, les liquides biologiques, le
matériel contaminé, les muqueuses et la peau
non intacte. Changer les gants entre chaque patient, et
éventuellement entre deux tâches chez un
même patient.
|
|
3 - Un lavage des mains simple, non antiseptique, doit
être effectué après ablation des
gants.
|
|
4 - Porter un masque et des lunettes de protection s'il
existe un risque de projections. Porter une surblouse s'il
existe un risque de souillures.
|
|
5 - S'assurer que le matériel réutilisable
est correctement nettoyé avant usage chez un autre
patient. Manipuler avec précaution le linge et le
matériel souillés afin d'éviter une
transmission de micro-organismes entre patients.
|
|
6 - Prendre des précautions pour empêcher
les blessures avec les objets piquants ou tranchants :
- ne jamais recapuchonner les aiguilles,
- préférer l'utilisation de
matériel de sécurité,
- utiliser des conteneurs adaptés pour
l'évacuation des objets piquants et
tranchants.
|
Tableau III. - Entretien du
matériel recyclable : indications, procédures,
résultats.
|
|
MATÉRIEL SOUILLÉ
|
|
INDICATIONS
|
Non critique
|
Semi-critique
Critique non stérilisable
|
Critique
Semi-critique stérilisable
|
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PROCÉDURE
|
P1
|
P2
|
P3
|
|
Étape 1
|
Décontamination
|
Décontamination
|
Décontamination
|
|
Étape 2
|
Nettoyage, rinçage, séchage manuels ou
automatisés
|
Nettoyage, rinçage, séchage manuels ou
automatisés
|
Nettoyage, rinçage, séchage manuels ou
automatisés
|
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Étape 3
|
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Désinfection par immersion
|
Stérilisation
|
|
RÉSULTAT
|
Matériel propre
|
Matériel désinfecté
|
Matériel stérile
|
HYGIENE DES MAINS
(annexe)
TECHNIQUES DE LAVAGE ET DE
DÉSINFECTION DES MAINS
Le lavage simple des mains s'effectue avec un savon sans action
antimicrobienne selon la technique de référence
décrite par Ayliffe qui comporte six étapes. Sa
durée est d'au moins 30 secondes et il doit être suivi
d'un séchage soigneux avec un essuie-mains non stérile
à usage unique.
- La désinfection hygiénique des mains est obtenue
par un lavage antiseptique ou une antisepsie des mains :
- le lavage antiseptique des mains (ou lavage
hygiénique des mains) s'effectue avec un savon
antiseptique selon la technique de référence
décrite par Ayliffe. Sa durée est d'au moins 60
secondes et il doit être suivi d'un séchage
soigneux avec un essuie-mains non stérile à usage
unique.
- l'antisepsie des mains (ou traitement hygiénique des
mains par frictions) s'effectue sur des mains non
souillées sur lesquelles une solution antiseptique
hydro-alcoolique est appliquée. L'application est
réalisée par frictions, selon la technique de
référence décrite pour le lavage simple
des mains, et jusqu'au séchage complet de la
solution.
- La désinfection chirurgicale des mains est obtenue par
un lavage chirurgical ou une antisepsie chirurgicale des mains :
- le lavage chirurgical des mains s'effectue avec un savon
antiseptique selon une technique comportant deux lavages
successifs (dont le premier concerne les mains et les
avant-bras jusqu'aux coudes). Sa durée est de 3 à
5 minutes et il doit être suivi d'un séchage
soigneux avec un essuie-mains stérile.
- l'antisepsie chirurgicale des mains comporte au
préalable un lavage avec un savon sans action
antimicrobienne, des mains, poignets et avant-bras, et un
séchage soigneux avec un essuie-mains non stérile
à usage unique ; il est immédiatement suivi d'une
application d'une solution antiseptique hydro-alcoolique sur
les mains, poignets et avant-bras. L'application est
réalisée par frictions jusqu'au séchage
complet de la solution. Sa durée est d'au moins 5
minutes.
- Technique de référence de lavage simple des
mains. Elle comporte six étapes :
- paume contre paume
- paume de la main droite sur le dos de main gauche et
inversement
- paume contre paume, doigts entrelacés
- dos des doigts contre la paume opposée avec les
doigts emboîtés
- friction circulaire du pouce droit enchâssé
dans la paume gauche et vice versa
- friction en rotation en mouvement de va-et-vient et les
doigts joints de la main droite dans la paume gauche et vice
versa.
REFERENCES
American society of anesthesiologists. Recommendations for
infection control for the practice of anesthesiology. Park Ridge,
Illinois, 1994.
Antona D, Johanet H, Abiteboul D, Bouvet E et le GERES.
Expositions accidentelles au sang au bloc opératoire. Bull
Epidémiol Hebdo 1993 : 40 : 183-5
C. CLIN Sud-Est. Guide Des Bonnes Pratiques d'Hygiène en
Anesthésie, 1996.
Centers for disease control. Recommandations for prevention of HIV
transmission in health-care settings. MMWR 1987 ; 36 (Suppl2S) :
1-18
Centers for disease control. Guideline for prevention of
nosocomial pneumonia. Resp Care 1994 : 39: 1191-236
Comité technique des infections nosocomiales.
Recommandations d'isolement septique à l'hôpital.
HygièneS. 1996, hors série n°1.
Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Cent
recommandations pour la surveillance et la prévention des
infections nosocomiales. Bull Epidémiol Hebdo 1992 ;
numéro spécial : 1-72
Fleurette J, Freney J, Reverdy ME. Antisepsie et
désinfection, Edition ESKA, 1995.
Garner JS. The Hospital Infection Control Practices Advisory
Committee. Guideline for isolation precautions in hospitals. Am J
Infect Control 1996 ; 24 : 24-52
Girard R, Monnet D, Fabry J. Guide technique d'hygiène
hospitalière. Edition Fondation Marcel Mérieux, Lyon,
1993.
Groupe REANIS. Guide pour la prévention des infections
nosocomiales en réanimation. Editions Arnette S.A., Paris,
1994.
Larson E. APIC Guideline for handwashing and hand antisepsis in
health-care settings. Am J Infect Control 1995 ; 23 : 251-69
Textes
règlementaires
Décret 96-32 du 15 janvier 1996 relatif à la
matériovigilance exercée sur les dispositifs
médicaux et modifiant le Code de Santé Publique.
Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et de
la Ville. Décret n° 94-1050
du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de
fonctionnement des établissements de santé en ce qui
concerne la pratique de l'anesthésie et modifiant le code de
la santé publique (troisième partie :
Décrets).
Décret n° 92-174 modifiant le décret du 25
février 1992 relatif à la prévention de la
transmission de certaines maladies infectieuses.
Décret n° 88-657 du 6 mai 1988 relatif à
l'organisation de la surveillance et de la prévention des
infections nosocomiales dans les établissements
d'hospitalisation publics et privés participant au service
publique hospitalier.
Arrêté du 19 octobre 1995 modifiant l'arrêt du
3 août 1992 relatif à l'organisation de la lutte contre
les infections nosocomiales.
Ministère de la Santé Publique et de l'Assurance
Maladie. Arrêté du 3 octobre 1995 relatif aux
modalités d'utilisation et de contrôle des
matériels et dispositifs médicaux assurant les
fonctions et actes cités aux articles D. 712-43 et D.712-47 du
code la santé publique.
Arrêté du 3 août 1992 relatif à
l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales.
Ministère du travail et des Affaires Sociales. Circulaire
DGS/DH n° 236 du 2 avril 1996. Recommandations pour la
désinfection des endoscopes. BEH N° 22, 27 mai 1996.
Circulaire n° 100 du 11 décembre 1995 relative aux
précautions à observer en milieu chirurgical et
anatomopathologique face aux risques de transmission de la maladie de
Creutzfeldt-Jakob.
Circulaire DGS/VS/VS2 - DH/EO1 n° 17 du 19 avril 1995
relative à la lutte contre les infections nosocomiales dans
les établissements publics ou privés participant
à l'exécution du service public.
Circulaire DGS/SQ 3, DGS/PH 2 - DH/EM1 n° 51 du 29
décembre 1994 relative à l'utilisation des dispositifs
médicaux stériles à usage unique dans les
établissements de santé publics et privés.
Circulaire n° 263 du 13 octobre 1988 relative à
l'organisation de la surveillance et de la prévention des
infections nosocomiales.
Note d'information DGS/DH/DRT n° 666 du 28 octobre 1996
relative à la conduite à tenir, pour la prophylaxie
d'une contamination par le VIH, en cas d'accident avec exposition au
sang ou à un autre liquide biologique chez les professionnels
de santé.
Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et de
la Ville. D Abiteboul, M Veron, C Fessard, B Haury. Tuberculose et
personnel de santé : prévention, surveillance. Groupe
de travail sur la tuberculose (DGS) ; Conseil Supérieur
d'Hygiène Publique de France (séance du 30 juin 1994).
BEH N° 39, 4 Octobre 1994.
Résolution (72) 31 concernant l'hygiène
hospitalière adoptée par le Conseil des Ministres du 19
septembre 1972.
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