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50%, c’est la réduction attendue de la mortalité péri-opératoire par l’implémentation de la check-list dans tous les blocs opératoires de France dès le 1er janvier 2010 !
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Le nombre d’interventions chirurgicales réalisées chaque année dans le monde est supérieur à 200 millions, soit une intervention pour 25 personnes par an. Les progrès enregistrés dans les spécialités chirurgicales et en anesthésie-réanimation ont largement contribué à l’amélioration de l’état de santé et de l’espérance de vie des populations.
Néanmoins, le taux de complications graves induites par la chirurgie dans les pays industrialisés serait encore de 3 à 20 %, et la mortalité toute chirurgie confondue proche de 1 %. La moitié de ces complications sont considérées comme évitables. Cela correspond à sept millions de complications graves et un million de décès par an dans le monde, 20 à 40 000 en France ! C’est un tel problème de santé publique que l’OMS a placé en 2008 (safe surgery saves lives) comme une des priorités mondiales de santé publique.
La publication début 2009 de l’étude princeps de Haynes dans le New England Journal of Medicine vient apporter des données scientifiques sur l’intérêt de procédures simples afin d’améliorer la sécurité au bloc opératoire. Ce travail a testé l’efficacité de l’implémentation d’une check-list au bloc opératoire de 19 items intéressant tous les acteurs du processus chirurgical au travers d’une étude « avant-après » menée sur près de 8000 interventions chirurgicales réalisées dans huit pays sur une période courte (moins d’un an). Les résultats bruts sont édifiants : diminution hautement significative du taux de mortalité de 1,5 % à 0,8 % et du taux de complications de 36 % en moyenne, passant de 11 % à 7 %. Ces résultats concernent toute la population, sont impressionnants, tant qualitativement que quantitativement (réduction de moitié de la mortalité), et sont enregistrés aussi bien dans l’hôpital rural de Tanzanie que dans les hôpitaux prestigieux de Seattle, Toronto ou Londres.
Ainsi, cette nouvelle méthode très efficace, dénuée d’effets secondaires, qui n’a fait l’objet d’aucunes controverses notoires, qui peut être mise en place rapidement (en une semaine à un mois), et pour un coût très réduit, est-elle devenue obligatoire en Grande-Bretagne comme en France (début 2010 dans une version un peu francisée pour permettre une meilleure appropriation).
Les 19 points de la check-liste ciblent deux objectifs, (i) celui de s’arrêter avant les points critiques de non-retour pour vérifier que rien d’essentiel n’a été oublié (le bon patient, le bon côté, l’absence d’allergie, la vérification transfusionnelle, l’antibioprophylaxie selon les recommandations de bonne pratique (RPC) normatives), et (ii) d’imposer une communication centrée sur le patient, standardisée, entre les différents acteurs au début et à la fin de la chirurgie, chacun devant exprimer à haute voix les difficultés qu’il prévoit, afin qu’elles soient partagées par toute l’équipe.
Nul doute que ce concept global sera un des points clés de la réflexion effectuée par la SFAR et qui aboutira lors des EGAR (Etats Généraux de l’Anesthésie Réanimation) qui se tiendront le 18 juin prochain et dont nous aurons l’occasion de reparler longuement sur le site.
Haynes AB et al. A surgical safety checklist to reduce morbidity and mortality in a global population. N Engl J Med. 2009 Jan 29;360(5):491-9
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